"Madar s'est approché avec une lenteur que ..."

J’ai choisi de lire cette année une bonne partie de l’œuvre de Sandor MARAI, né à Budapest en Hongrie, en 1900, exilé aux Etats-Unis à partir de 1948, où il met fin à ses jours en 1989. Depuis une bonne dizaine d’années ces œuvres commencent à nous être traduites du hongrois.
Cette année à l’IUTL nous nous penchons sur la littérature slave, j’espère qu’elle m’aidera à apprécier les lectures de MARAI. Comme une passerelle avec Tourgueniev l’an dernier où j’ai capitulé très tôt (mais je reprendrais), voici le même titre : Premier Amour. J’ai eu aussi des difficultés au départ, mais cette fois, j’en ai vu la fin. Une fin qui n’en est peut-être pas une.
Un professeur de latin en fin de carrière, triste et très solitaire doit enseigner à une Terminale cette année-là, il a rarement été confronté à ses adolescents. Il découvre aussi la mixité en classe qu’il n’a encore jamais gérée. Il raconte cette période par l’intermédiaire d’un journal tenu au quotidien. Il essaie de se comprendre, maladie, vieillesse, déprime, il est à « Z*, une très jolie ville en été ». Durant son premier séjour estival de son existence, à 54 ans il rencontre un homme Timar, distant et étrange. Avec beaucoup d’hésitations, il reprend une classe. Il découvre alors l’univers de la dénonciation par la surveillance quotidienne des professeurs, puis deux jeunes garçons Madar un boursier qui lui ressemble et Puliszka un autre leader. Mais sa plus délicate mission s’avère d’enseigner à des jeunes filles, qui sont presque des femmes. Le professeur-narrateur se métamorphose avec le printemps, c’est l’étincelle qui surgit et jusqu’où ?
J’ai beaucoup aimé connaitre la sociologie hongroise de ce début de siècle, la vie d’une gouvernante, les activités des cercles, la scolarité, la vie des étudiants hongrois, l’entraide scolaire, l’argent, la condition féminine, la dualité des vies masculines.
Je pense pouvoir poster tous les mois vers les 22.